La recherche reproductible

IPOL Image Processing On Line

À la fois journal électronique, archive ouverte en texte intégral et démonstrateur, IPOL met en oeuvre le développement logiciel au coeur de la publication scientifique et incarne un nouveau modèle de validation, diffusion et partage d’une recherche réellement reproductible. Financé dès l’origine par l’ERC (European Research Concil), créé et maintenu par le CMLA Images, le modèle IPOL est en train d’être généralisé à l’ensemble des publications du Centre Borelli, notamment aux articles et algorithmes de Machine Learning.

Plaidoyer pour une recherche reproductible

La production scientifique repose sur la confiance et le processus de révision par les pairs, garantie de la qualité, de la vérité, et l’exactitude des résultats et de l’honnêteté de ses auteurs. Force est de constater que la plupart des publications scientifiques prennent aujourd’hui la forme d’un pdf à prendre pour argent comptant, en l’absence de paramètres clairement définis (dont une bonne partie s’avère manquants), et dans l’impossibilité d’examiner en détail les images ou les graphiques. L’algorithme décrit ne fonctionnera généralement pas sur d’autres données que celles utilisées dans l’article (sur lesquelles ont a d’ailleurs très peu d’informations) et les résultats seront impossibles à reproduire (paramètres cachés ou biaisés), introduisant de trop nombreuses limitations pour que la publication puisse encore être qualifiée de « scientifique » et réduisant considérablement sa portée.

Prenant le contrepied et adoptant d’emblée le modèle de l’Open Access, IPOL fournit en libre accès non seulement un pdf, mais le code de l’algorithme et son implémentation sous forme de démonstrateur en ligne. Les visiteurs du site IPOL sont invités à tester en ligne l’algorithme sur leurs propres jeux de données en faisant jouer les paramètres à volonté. Ces expériences et les images résultant de ces tests sont archivées sous licence Creative Commons CC et sont maintenues opérationnelles et disponibles en ligne.

Recherche reproductible en Traitement d’Images avec IPOL. Mooc EfSUP, 2016.


IPOL sur France Culture

Le 26 juin 2019, Tina Nikoukhah, doctorante dans l’équipe Images du CMLA-CGBorelli, intervenait dans l’émission de France Culture « La Méthode scientifique » sur le thème « Deep fake : faut-il le voir pour le croire ? » dans la rubrique « la Recherche montre en main : Détection automatique et en ligne de la falsification d’images et de vidéos », en écho à son sujet de thèse éponyme.

Un algorithme IPOL détecte automatiquement les images falsifiées sur les réseaux sociaux

Un nombre croissant de fausses images ou d’images falsifiées sont utilisées sur les réseaux sociaux et alimentent les fake news. Notre algorithme permet de détecter des manipulations locales dans les images, en détectant les traces laissées lors de la compression JPEG. L’originalité de notre méthode est qu’elle est entièrement automatique. Elle produit et repose sur une analyse statistique de l’image. L’algorithme a seulement besoin de l’image elle-même pour donner une réponse, sans intervention humaine. Les zones suspectes ayant fait l’objet de manipulations avant compression sont indiquées en couleur ; saturation et densité indiquent le degré de certitude et le pourcentage d’erreur.

Référence : T. Nikoukhah, R. Grompone, M. Colom, JM. Morel (2018). Automatic JPEG Grid Detection with Controlled False Alarms, and Its Image Forensic Applications. IEEE 1st International Workshop on Fake Multimedia (FakeMM’18).

Une fausse image représentant Emma Gonzalez (lycéenne survivante de la tuerie de Parkland devenue une figure de la marche blanche dénonçant la vente libre des armes aux Etats-Unis) déchirant la Constitution américaine (le Patriot Act sur lequel s’appuient les partisans de la vente d’armes à feu pour légitimer leurs intérêts) a récemment circulé sur Twitter. Il s’agissait en réalité d’une cible de tir sur l’image originale issue de la presse magazine…

Dans cet autre exemple, un photographe animalier lauréat d’un concours photo est finalement disqualifié (04.27.2018). Le fourmilier photographié et remis « en situation » dans un photomontage serait en fait un spécimen empaillé exposé dans un musée, signalé aux organisateurs par un envoi anonyme.

Une collaboration avec l’AFP (Agence France Presse)

Dans un article du 26/11/2018, l’AFP Fact Check met en oeuvre un algorithme IPOL pour démontrer scientifiquement et dénoncer une falsification d’image au Kenya ; des images fréquemment instrumentalisées dans des scandales immobiliers et politiques.

Référence : Thibaud Ehret. Automatic detection of internal copy-move forgeries in images, Image Processing On Line, 8:167-191, 2018. DOI: 10,5201/ipol.2018.213