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SEMINAIRE CRITIQUE de l’Intelligence artificielle

Organisatrice : Marie Garin

Résumé :

Le but de ce séminaire est de questionner les enjeux sociétaux, politiques, écologiques, éthiques, philosophiques du numérique et de l’intelligence artificielle, de la relation de notre société à la technique, etc. à travers une approche inspirée de la théorie critique.

Programme 2021 / 2022 :

Ce séminaire est accessible à tous sur inscription et se déroule en hybride (à l’ENS Paris-Saclay et sur Zoom)

    • -Séance du 10/11/2021 : Étienne Ollion – After the Flood. Doing research in the Digital Era.
  • -Séance du 24/11/2021 : Francesca Musiani – Gouvernance algorithmique – Les technologies d’Internet, quels outils de pouvoir ? Lien d’inscription
  • -Séance du 19/01/2022 : Dominique Cardon – TBA
  • -Séance du 02/02/2022 : Gauthier Roussilhe – Repenser le numérique face aux limites planétaires
  • -Séance du 16/02/2022 : Paola Tubaro – Algorithmes, inégalités et les « humains dans la boucle »

Séminaire Critique de l’Intelligence Artificielle :

Critique ? Qu’est-ce à dire ? On peut faire remonter les prémisses de la théorie critique à Kant, notamment tel que développé dans La Critique de la Raison Pure. La démarche entreprise par Kant délimite, par la raison, ce qui est accessible à la raison – Que puis-je connaître ? Les travaux de Kant sont résolument émancipateurs dans le sens où ils ont permis de distinguer ce qui relève de la science et ce qui relève de la croyance, rendant possible une attaque rigoureuse de la superstition, du dogmatisme. Seulement voilà, malgré les Lumières répandues lors du siècle du même nom, l’Homme ne s’est pas émancipé, le XXème siècle se révéla être marqué par le totalitarisme.

Assistant à l’avènement du nazisme, la première génération de l’Ecole de Francfort (Adorno et Horkheimer) refonda cette théorie critique. Cette relève s’inscrit dans la même logique : l’idéologie est le principal obstacle à l’émancipation. De nouveau, la raison s’attarde à attaquer la raison afin de déceler le dogmatisme porté par les Lumières tel que le positivisme. Leur thèse consiste en ce que la raison a été réduite à une rationalité instrumentale (le calcul, la ruse) par des mécanismes sociaux de domination et que la finalité réelle n’a pas été la connaissance ou le bonheur, mais l’explication du monde pour la domination de la nature. Cette nouvelle théorie critique dont ce séminaire s’inspire, se base sur des considérations philosophiques, sociales, économiques afin de reconstituer une vue d’ensemble grâce à un travail collectif afin de questionner le « Pour quoi ? » de l’activité scientifique.

La réflexion épistémologique que souhaite insuffler ce séminaire à propos de l’intelligence artificielle, à l’heure où son déploiement semble totalisant, pose donc les questions suivantes : Quelles sont ses limites; qui produit le savoir, dans quelles conditions (notamment les données utilisées); qu’est-ce qui, dans l’imaginaire collectif, relève du mythe ou de l’idéologie; quels sont les rapports de pouvoir, les structures sociales entre les différents acteurs (entreprises, universités); quelle est sa pertinence sociale notamment à l’heure du défi écologique etc.